
L’année dernière, un changement très attendu a enfin eu lieu pour les essais de stabilité. Le 11 avril 2025, l’International Council for Harmonisation (ICH) a publié pour consultation la version préliminaire d’ICH Q1 « Stability Testing of Drug Substances and Drug Products ». Cette nouvelle ligne directrice constitue une consolidation complète de tout ce qui l’a précédée (Q1A–F et Q5C) et devrait remodeler notre manière d’envisager les études de stabilité pour les petites molécules, les produits biologiques et les nouvelles thérapies telles que les oligonucléotides ou les thérapies avancées (ATMP).
Bien que la ligne directrice soit actuellement en phase de projet pour consultation publique, son entrée en vigueur officielle est attendue entre 2026 et 2027. Toutefois, le secteur est déjà en période de transition ; commencer à aligner les protocoles dès maintenant est essentiel pour garantir la conformité future.
Au sein de Kymos Group, les études de stabilité constituent depuis longtemps l’un de nos points forts. Et avec notre attention croissante portée aux produits biologiques, ainsi que notre travail sur les thérapies avancées, cette nouvelle ligne directrice arrive au moment idéal pour orienter les stratégies à venir. Alors, que contient ICH Q1 ? Et surtout, qu’est-ce que cela signifie pour nos clients ? Décryptons cela.
ICH Q1 : une ligne directrice unique et harmonisée
Jusqu’à récemment, les lignes directrices sur la stabilité étaient réparties entre Q1A–F pour les médicaments synthétiques traditionnels et Q5C pour les produits biologiques. Cette division avait du sens par le passé, mais elle a créé des zones grises pour les produits hybrides et a ajouté de la complexité aux soumissions réglementaires mondiales. La nouvelle Q1 regroupe enfin l’ensemble dans un seul et même document. Vous pouvez consulter le projet complet de la ligne directrice ici : ICH Q1 Draft Guideline 2025.
Les petites molécules, les produits biologiques, les vaccins, les thérapies géniques et même les combinaisons médicament–dispositif sont désormais couverts par un document unique et harmonisé. Cela inclut les oligonucléotides, les produits dérivés du plasma, les ATMP, les nouveaux excipients et les solvants co-conditionnés. Ce périmètre élargi correspond à la réalité des pipelines actuels : des molécules plus complexes, davantage de formats hybrides et une évolution vers la médecine personnalisée. Si votre produit ne relève pas d’une catégorie « classique », Q1 est votre référence.
Une approche fondée sur le cycle de vie et les risques
Un autre changement majeur concerne la manière dont la ligne directrice traite le cycle de vie d’un produit. Au lieu de concentrer les exigences de stabilité uniquement autour de la soumission, Q1 encourage une stratégie continue, fondée sur les risques, depuis le développement précoce jusqu’aux changements post-autorisation.
Cela signifie :
- Les études de stabilité en développement (p. ex. stress ou dégradation forcée) sont mises en avant dès le début.
- Les études primaires doivent être robustes (généralement trois lots, couvrant toute la durée de conservation), les plans réduits n’étant autorisés que s’ils sont solidement justifiés.
- Les études en cours et les études d’engagement s’inscrivent dans une perspective réglementaire à long terme.
- La modélisation de la stabilité et les connaissances préalables peuvent être utilisées pour rationaliser les études, en particulier lorsqu’elles sont étayées par une base scientifique solide.
Chez Kymos, nous appliquons déjà ce type de logique lorsque nous aidons nos clients à définir des plans d’étude matricés ou réduits. Avec Q1, cette flexibilité scientifique est non seulement autorisée, mais aussi encouragée.
Pour les produits biologiques : plus de structure, plus d’exigences
Le projet Q1 a apporté de la clarté, mais aussi des attentes plus élevées pour les produits biologiques. Si vous travaillez sur des protéines thérapeutiques, des peptides, des vaccins ou des biosimilaires, voici les principaux points à retenir :
- Vous aurez généralement besoin de trois lots primaires de données de stabilité (sauf justification contraire) correspondant à la durée de conservation proposée.
- Les conditions accélérées peuvent être utilisées pour développer la connaissance du produit, mais pas pour justifier la durée de conservation.
- Les données doivent prendre en compte les risques de dégradation propres aux produits biologiques : sensibilité à la température, oxydation, cisaillement, etc.
- Les procédures analytiques doivent démontrer qu’elles peuvent détecter des changements subtils au fil du temps, y compris des variations de puissance et de pureté.
Pour nos clients biologiques chez Kymos, cela correspond largement à ce que nous faisons déjà. Mais Q1 lui donne une structure formelle et nous permet de mieux justifier des approches modernes, plus allégées.
Les thérapies avancées bénéficient enfin d’une mise en avant
L’un des développements les plus enthousiasmants reste sans doute l’Annexe 3, une section dédiée aux médicaments de thérapie innovante (ATMP). Elle couvre notamment les thérapies cellulaires et géniques : des segments en forte croissance qui présentent des défis de stabilité spécifiques, tels que la cryoconservation ou la viabilité après décongélation.
La ligne directrice inclut :
- L’importance de la viabilité fonctionnelle (et pas seulement l’apparence physique ou la puissance).
- Le rôle des stratégies de stockage à l’état congelé et à l’état frais.
- La complexité de définir une durée de conservation pertinente pour des produits pouvant être expédiés décongelés ou administrés immédiatement.
Avec des orientations réglementaires claires disponibles, nous sommes en excellente position pour accompagner de futurs clients ATMP à mesure que nous nous développons dans ce domaine.
Qu’en est-il de la modélisation et des protocoles réduits ?
Q1 comprend deux annexes que de nombreuses entreprises trouveront utiles :
- L’Annexe 1 couvre les plans réduits (p. ex. matrixing ou bracketing), toujours autorisés, mais nécessitant une justification scientifique solide.
- L’Annexe 2 couvre la modélisation de la stabilité, en développant les modèles précédents de régression linéaire et en encourageant des approches plus sophistiquées.
Ces outils sont puissants lorsqu’ils sont appliqués correctement, et ils font partie de notre réflexion quotidienne chez Kymos. Nous accompagnons nos clients pour que leurs modèles ne soient pas seulement statistiquement solides, mais aussi prêts pour les exigences réglementaires.
Que devez-vous faire dès maintenant ?
Compte tenu de la fenêtre de mise en œuvre 2026–2027, nous sommes actuellement dans une phase de préparation cruciale. Si vous développez un nouveau produit biologique ou préparez une soumission de variation, vous devriez revoir vos stratégies de stabilité à la lumière du projet Q1. Même si ce projet est susceptible d’évoluer, sa structure et ses principes fondamentaux sont là pour durer.
Voici comment nous pouvons vous aider :
- Nous concevons des études de stabilité conformes à l’ICH pour les produits biologiques, avec un accompagnement complet pour la modélisation, le bracketing et la dégradation forcée.
- Nous proposons un accompagnement pour la planification de la stabilité fondée sur le cycle de vie, y compris les études d’engagement et les études en cours après l’autorisation.
À mesure que nous nous développons dans le domaine des ATMP, nous mettons en place les capacités nécessaires pour soutenir les études de viabilité, la cryostabilité et les protocoles fondés sur la fonction.
Conclusion
Le projet ICH Q1 n’était pas seulement un nouveau document, c’était un signal. Le monde réglementaire s’adapte à un paysage plus complexe, porté par le biologique, et les essais de stabilité évoluent en conséquence.
Chez Kymos, nous sommes prêts pour la transition de 2026. Nos services répondent déjà à de nombreuses nouvelles attentes de Q1, et nous travaillons en étroite collaboration avec nos clients pour pérenniser leurs programmes de stabilité.
Si vous ne savez pas comment la ligne directrice affecte vos produits ou si vous souhaitez vous assurer que vos protocoles de stabilité actuels sont alignés, notre équipe est là pour vous aider. Faisons de votre prochaine soumission ou mise à jour du cycle de vie une réussite en matière de stabilité. Vous pouvez nous contacter à https://kymos.com/contact/ ou nous écrire à commercial@kymos.com

